La comète C/2022 E3 a été découverte le 2 mars 2022 par le programme de relevé systématique d’objets transitoires Zwicky Transient Facility (ZTF). L’image ci-dessus a elle été prise fin 2022 par un astronome amateur espagnol, Aleix Roig. Alex Roig / @astrocatinfo

Ce C/2022 E3 (ZTF) aura l’avantage de se situer entre les constellations de la Petite et de la Grande Ourse, ce qui la rendra relativement facile à localiser..

C’est un petit bonbon astronomique pour démarrer l’année 2023: une comète pourrait bientôt être visible à l’œil nu, ou tout au plus avec une simple paire de jumelles. Elle aura l’avantage de se situer entre les constellations de la Petite et de la Grande Ourse, ce qui la rendra relativement facile à localiser.

S’il subsiste encore une inconnue sur l’ampleur du spectacle, c’est que les comètes sont par nature des objets assez imprévisibles: ce sont de petits corps gelés qui se vaporisent à leur passage près du Soleil, donnant naissance à des structures grandes de plusieurs millions voire centaines de millions de kilomètres, les queues cométaires. Et prévoir comment ces dernières vont évoluer n’est jamais simple, car de nombreux paramètres entrent en jeu. C’est encore plus compliqué quand la comète est «nouvelle». En l’occurrence, cette comète de janvier n’a été découverte qu’en mars dernier par le programme de relevé systématique d’objets transitoires Zwicky Transient Facility (ZTF), utilisant le télescope Samuel-Oschin de l’observatoire Palomar, en Californie. La comète porte le nom C/2022 E3 (ZTF).

La comète est 10.000 fois plus brillante aujourd’hui qu’au moment de sa découverte

Nicolas Biver, astronome à l’Observatoire de Paris

Son orbite laisse penser qu’elle nous vient d’assez loin et qu’elle a déjà effectué au moins un passage près du Soleil… il y a 50.000 ans. En ces temps reculés, l’homme de Neandertal vivait encore en Europe. L’histoire ne dit pas si la comète était alors assez brillante pour illuminer son ciel.

Pour le moment, le développement de la chevelure et des queues cométaires se poursuivent à un rythme soutenu. «La comète est 10.000 fois plus brillante aujourd’hui qu’au moment de sa découverte», explique Nicolas Biver, astronome à l’Observatoire de Paris et spécialiste de ces objets. «C’est un objet relativement actif qui va passer au plus près du Soleil le 12 janvier. Il sera alors quatre fois plus près du Soleil que la Terre. Selon les projections, cela pourrait le rendre visible à l’œil nu. Cela risque d’être limite, mais nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne surprise.

Proche de l’étoile Polaire

Le spectacle ne devrait toutefois pas être aussi impressionnant que pour la comète Neowise en 2020, si lumineuse qu’elle était alors visible à l’œil nu au petit matin. C/2022 E3 (ZTF) sera intrinsèquement moins lumineuse mais elle aura l’avantage de passer proche de l’étoile Polaire, et d’être ainsi visible une grande partie de la nuit. «Si la comète passe au plus près du Soleil dans huit jours, elle se rapprochera ensuite de la Terre jusqu’à début février, ajoute Nicolas Biver. Idéalement, mieux vaudra profiter d’une nuit avec peu ou pas de lune pour avoir une chance de la repérer. Le week-end du 21 au 22 janvier offre a priori la fenêtre la plus favorable.»

Pour les plus frileux, les plus malchanceux ou les moins équipés, de nombreux astronomes amateurs parviennent déjà à faire de splendides clichés de la comète. Et les scientifiques ne sont pas en reste: de nombreux programmes d’observation professionnels ont leurs yeux braqués vers la boule gelée. Leur objectif est néanmoins plus descriptif qu’esthétique. Ils vont chercher à déterminer la présence et l’abondance de différentes molécules dans le gigantesque panache de gaz: CO2, CO, mais aussi méthane, méthanol et peut-être éthane, éthanol, voire des molécules encore un peu plus longues et complexes. Pour arriver à les déceler, les astronomes disposent d’un nouvel outil de poids: le nouveau télescope monumental James Webb, dont une partie du temps a été dévolue à l’observation de la comète.

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